Cavités souterraines : le sous-sol creux de l’Aisne
Carrières de pierre, marnières agricoles, caves profondes, creusements militaires de 1914-1918 : l’Aisne cumule les héritages souterrains. L’inventaire national les recense, commune par commune. Sa limite est structurelle et il faut la comprendre avant d’en tirer la moindre conclusion.
- Cavités recensées
- 315
- Communes concernées
- 10 sur 22
- Maximum communal
- Saint-Quentin · 173
- Relevé figé au
- 2026-08-26
- Dernière révision
- 2026-08-26
Le décompte
| Commune | Cavités recensées | Habitants | Mouvements de terrain |
|---|---|---|---|
| Saint-Quentin | 173 | 52 813 | existant |
| Laon | 58 | 24 220 | existant |
| Ressons-le-Long | 29 | 790 | existant |
| Gauchy | 27 | 5 183 | existant |
| Juvigny | 11 | 288 | existant |
| Villers-Cotterêts | 5 | 10 489 | existant |
| Braine | 4 | 2 248 | existant |
| Hirson | 4 | 8 469 | existant |
| Vervins | 3 | 2 549 | existant |
| Charly-sur-Marne | 1 | 2 594 | existant |
12 des 22 communes documentées ne comptent aucune cavité à l’inventaire. Voir plus bas ce que cela veut — et ne veut pas — dire.
La limite qui commande toute la lecture
Ce biais explique une bonne part du tableau ci-dessus. Les communes les mieux dotées en cavités inventoriées sont aussi celles qui ont connu une exploitation ancienne bien documentée, ou une étude locale approfondie.
D’où viennent ces vides
- Les carrières souterraines
- Extraction de pierre de taille et de craie, souvent en galeries, parfois sous des zones aujourd’hui bâties. Ce sont les vides de plus grande dimension.
- Les marnières
- Puits d’extraction de marne creusés pour amender les terres agricoles, courants dans le nord de la France. Petits, nombreux, souvent rebouchés sommairement et rarement cartographiés. Ce sont les plus difficiles à détecter et les plus insidieux.
- Les caves et souterrains
- Caves profondes de villages, souterrains-refuges, celliers, parfois sur plusieurs niveaux dans les bourgs anciens.
- Les ouvrages militaires
- L’Aisne a été un front de position pendant quatre ans. Sapes, abris et galeries de mine subsistent sous des terres aujourd’hui agricoles ou loties.
Que faire si le terrain est dans une commune à cavités
- Consulter la fiche Géorisques de la commune, qui localise les cavités inventoriées, et regarder si l’une d’elles est proche de la parcelle.
- Demander en mairie s’il existe un périmètre de risque, un plan de prévention ou un arrêté relatif aux cavités. Les mairies détiennent souvent une mémoire locale que les bases nationales n’ont pas.
- Regarder le document d’urbanisme : les secteurs concernés par un risque d’effondrement y sont fréquemment repérés et assortis de prescriptions.
- Faire porter la question au bureau d’études géotechnique. La détection de vides relève de techniques de reconnaissance spécifiques, distinctes des sondages courants pour l’argile. Elle se demande explicitement.